ensemble Yin
créations & programmes

Invisibles


Dans la tradition du théâtre musical, invisibles se nourrit du son instrumental, électroacoustique et vocal pour proposer un univers surréaliste où les mondes matériel et immatériel de la technologie et de la communication se confrontent au monde spirituel. Dans cette réflexion poétique sur notre capacité à rentrer en relation entre humains autant qu'avec le monde céleste, s'invite de façon onirique et avec humour, l'univers de nos propres croyances et de nos doutes. Un théâtre de l'absurde du XXIème siècle. 

Musique & Texte de Philippe Festou
Hélène Pereira : piano, objets
Philippe Festou : clarinette, objets
Durée : 1h00

Places

Piano : Hélène Pereira | Percussions : Damien Louis | Clarinette, Live electronics : Philippe Festou | Clarinette : Benoît Philippe

Tout public | Durée : 50 mn

Musique : Philippe Festou 

Depuis les multiples chants des vendeurs qui interpellent la flânerie du premier venu se dégage la matière brute et résonante de la "via".

Je ne saurai certainement jamais si ce chant de l'interpellation est volontairement mélodique et rythmique ou si le marchant en a une conscience musicale ; mais peu importe car tout cela nous place à l'endroit d'un spectateur-auditeur privilégié, au coeur de cet opéra des fourmillements improbables.

Le passage étroit d'un chemin à se frayer, les grouillements des cris des vivants dans l'agitation des sens submergés d'un soleil délicatement Sicilien.

Et puis trouver une image chaque fois renouvelée du silence, en alternance des cris, comme une essence des impressions, une respiration salutaire comme si nous pouvions nous extraire à l'envie de cette cohue pour en dégager toute la sève sonore et offrir notre son en partage.

Il fait bon inviter cet extérieur où bouillonnent les musiques des voix et des objets ; il y a une simple, lointaine et profonde musique du monde qui se transforme en prière sonore, plonger le marché dans la salle du concert en ayant pris soin d'avoir dégagé au préalable le suc des timbres colorés de paquets de notes toniques et de scansions pour des pomodori et des melanzane ; ce parcours sera alors à l'image de cette traversée au milieu des étals, écrite et aléatoire, déterminée et jouant sans plus y penser de notre libre arbitre, de nos nécessités musicales, de nos réflexes, de notre capacité à nous entendre et à dialoguer ensemble en réplique d'incantations.

Car de cette palpitation des sons et des voix, dans ce flux de joies et de pulsations se joue encore la musique de la vie des humains.